12ème séance, samedi 19 janvier : feinte de coup droit dégagement (1er partie) : compréhension
Les fondamentaux
Aujourd'hui, je veux partir d'une marche et arriver à la marche et fente.
Décomposition d'une marche
Il s'agit de faire deux moitiés de marche...ce qui donnera au final une marche complète. Au premier signal, les élèves avancent légèrement le pied avant, au deuxième signal, ils font revenir le pied arrière. La reprise des appuis doit bien sûr se faire en même temps. Cela permet de faire travailler une fois encore l'amplitude des marches qui doivent être petites alors que le débutant aura tendance à les faire trop grandes et inégales, rendant la gestion de la distance plus difficile. De plus, la demi-marche permet de faire travailler la pose du talon, ce dernier devant raser le parquet et non pas venir se planter dans le sol, comme si on voulait faire un trou; de plus, la posture de la jambe avant doit rester fléchie et non se tendre, comme c'est le cas chez beaucoup de débutants.
De la marche à la double-marche
On passe ensuite à l'exécution d'un marche entière au signal sonore, la reprise d'appuis se fait bien simultanément.
Appel du pied arrière et marche
Ensuite, je leur demande de faire précéder la marche d'un appel du pied arrière, ceci afin de préparer le passage à la double-marche. Effectivement, cet appel du pied arrière peut être considéré comme la fin d'une première marche. Il est là pour signifier que les deux déplacements vers l'avant sont entièrement liés, qu'il n'y a pas d'interruption puisque la deuxième marche va débuter dès la pose du pied arrière.
Double-marche
Au signal, les élèves font deux marches. Je vérifie quelles sont bien liées et de dimensions égales. Je donne l'image du "W", il y a le même écart entre les barres, comme il doit toujours y avoir la même mesure entre les pieds.
La marche et fente
On va essayer de lier la marche et la fente. La difficulté est d'allonger le bras lors de la fin de la marche, c'est-à-dire sur la pose du pied arrière. Cette synchronisation est compliquée, les débutants vont avoir tendance à allonger le bras soit pendant la marche (trop tôt), soit pendant la fente, (trop tard). Ce n'est pas aujourd'hui que nous allons y arriver, mais vu qu'ils maîtrisent plutôt bien les déplacements et la fente, ils peuvent commencer à travailler cette situation.
En position de garde, ils font un appel du pied arrière. Ensuite, je leur demande de tendre le bras très vite sur la pose de ce pied, comme si ce dernier était un bouton déclenchant l'allongement du bras. Ils reviennent ensuite en garde.
Ils enchaînent avec une attaque, toujours avec le même principe : le coup droit est précédé d'un appel du pied arrière, l'allongement du bras se fait à ce moment-là et doit précéder le départ de la jambe avant.
Pour terminer, on passe à la marche et fente. Je leur demande de lier la marche et la fente, de ne plus marquer de temps d'arrêt entre ces deux mouvements. Le problème reste la synchronisation avec l'allongement du bras qui doit se faire rapidement, au moment où le pied arrière se pose. Ce sera vu et revu au cours des prochaines séances, c'est quelque chose que l'on travaille encore avec les confirmés.
L'attaque composée : feinte de coup droit dégagement
1) Une situation pour comprendre son utilité
Ils ont maintenant les bases nécessaires pour commencer l'apprentissage de l'attaque composée : connaitre deux attaques simples, les deux positions de la main servant à se défendre et bien sûr avoir intégré la logique de la convention.
Voici la situation, elle n'est pas nouvelle, elle est connue de beaucoup d'enseignants : l'attaque du château fort.
Le principe :
- un défenseur contre le mur du fond, un trait devant lui qu'il ne peut pas dépasser. Il n'a pas le droit de se fendre, c'est inutile. On dit que c'est le roi qui protège son château.
- un attaquant qui veut d'emparer du château. Il se place derrière une ligne, située à peu près à une distance de trois marches et une fente du défenseur. On dit que c'est le chevalier.
Règle du jeu : l'attaquant cherche sa distance, dès qu'il peut attaquer en se fendant, il le fait. Si l'attaquant touche, il s'empare du château et les rôles s'inversent.
Mais attention, pour que la touche soit comptabilisée, il faut deux conditions : toucher avant d'être paré et toucher avant de poser le pied avant au sol.
C'est-à-dire que si le défenseur arrive à parer, et uniquement à parer, l'attaque du chevalier est terminée et il doit retourner derrière sa ligne avant de repartir à l'assaut. De même, si l'attaquant pose le pied et touche ensuite, la touche ne doit pas être comptée. Mais cette deuxième notion est un peu plus difficile à saisir, je préfère me concentrer sur la première pour aujourd'hui.
Après avoir expliqué les règles, les élèves se lancent. Volontairement, à aucun moment, je n'ai expliqué qu'il faut essayer de tromper l'adversaire. Mais quelques-uns ont déjà saisi et effectuent des feintes. Ils en font souvent beaucoup et trop larges.
Je repère un élève qui visiblement n'a pas compris qu'il fallait ruser et s'obstine à attaquer par coup droit juste après avoir trouvé sa distance avec des marches, ce qui bien sûr ne passe pas.
Comprendre qu'attaquer par coup droit, c'est très compliqué
Je regroupe les élèves, je demande à celui que j'avais repéré de reprendre la situation devant tout le monde. Bien entendu,il tombe à nouveau dans la parade.
Je demande au groupe : "pourquoi cela ne marche pas ? pourquoi il lui est quasiment impossible de toucher ?". "Parce que l'autre pare." "Donc, est-ce que c'est une bonne chose de vouloir attaquer par coup droit ?". La réponse est non. Ils expliquent que la porte se ferme, qu'il faut passer par l'autre côté..."Effectivement, qui fait le chemin le plus long ?". "Le chevalier". "Qui fait le chemin le plus court ?". "Le roi". "Donc, pour qui est-ce le plus difficile ?". "Pour le roi". "Oui, le roi ne bouge pas, il n'a qu'à déplacer sa main. Le chevalier doit faire une fente, le roi aura largement le temps de le voir et de parer. Il va falloir que le chevalier ruse." Les idées émergent : il faut faire semblant pour lui faire bouger la main... et rentrer de l'autre côté...
La gestuelle : comment s'y prendre ?
Je demande à un autre élève de venir. Je sais qu'il ne touchera pas : il a compris ce qu'il fallait faire mais le réalise mal. Ses gestes sont larges, ses feintes trop nombreuses et son bras ne s'allonge pas. Cela ne fonctionne pas, je demande aux autres d'essayer de se souvenir de la manière dont il s'y est pris.
Je fais venir un troisième escrimeur que j'ai repéré, un pupille 2ème année qui est du genre à comprendre à peu près tout, même avant qu'on lui ait expliqué. Lui a saisi tout de suite qu'une seule feinte suffit, en tendant le bras, et qu'il faut ensuite passer de l'autre côté. Mais sans doute a-t-il aussi une habileté motrice que l'élève précédent n'a pas. Il fait une très bonne démonstration, car en plus je l'ai mis face à un partenaire dont je sais qu'il trompera aisément sa quarte.
Je demande donc de comparer les deux prestations. On aboutit à l'idée qu'il faut commencer à allonger le bras comme quand on commence une vraie attaque...Comme quand on commence à faire un coup droit. Mais on ne va pas faire un coup droit, on fait juste semblant...On appelle cela une "feinte de coup droit". Cette feinte a un but : faire parer l'adversaire. Ce dernier va trouver du vide, et va ouvrir la porte de l'autre côté. Là il faut finir par une vraie attaque, destinée à toucher : un dégagement. Mais attention, si on est paré, c'est fichu : la priorité sera pour l'autre.
2) Exercice de coopération : feinte de coup droit dégagement
Le premier exercice technique sur feinte de coup droit dégagé va ressembler à l'attaque par dégagement sans contact de fer que nous avons vue en séance 10.
Antoine a sa pointe posée au sol, Jean allonge le bras, cela déclenche la parade d'Antoine que Jean va tromper. Le fait de faire effectuer une parade à partir d'une pointe au sol va permettre à l'attaquant de bien traiter le signal et de dégager au moment où la lame de son partenaire va toucher la sienne. A la différence de l'attaque par dégagement de la séance 10, c'est l'attaquant qui va déclencher le geste de son partenaire par un allongement du bras.
On recommence la situation de l'attaque du château puis on termine par quelques assauts classiques.
Suite à un problème technique avec le caméscope, je n'ai pas pu faire d'images cette semaine.