18ème séance, samedi 30 mars : à quel moment toucher juste en allongent le bras ? à quel moment toucher en se fendant ?

Aujourd’hui, je veux mettre en place une situation de coopération avec incertitude permettant un travail sur la coordination. Effectivement, les débutants ont parfois du mal à discerner s’ils doivent, après avoir frappé le fer adverse, porter la touche en allongeant simplement le bras ou bien en allongeant le bras et en se fendant. Je vais proposer des situations dans lesquelles, selon si le partenaire est attaquant ou contre-attaquant, la touche devra être portée sans ou avec l’aide des jambes.

Comme l’on approche bientôt de la fin de l’année, je souhaiterais aussi introduire les battements. C’est pour cela que nous allons travailler le contre-temps…bien sûr cette action n’est pas classée comme étant une attaque au fer mais dans sa réalisation, pour un débutant en tout cas, elle ressemble beaucoup au batté coup droit que je n’aime pas leur faire travailler. J’expliquerai pourquoi un peu plus bas.

Les Fondamentaux

On reprend des choses déjà vues…

Les battements

C’est un travail préparatoire. Il doit permettre de prendre l’habitude de frapper le fer en gardant la pointe haute. Les parades larges restent toujours un problème chez les débutants. S’ils arrivent à les serrer lors des exercices, le stress de l’assaut va engendrer des mouvements plus amples. Il faut donc travailler régulièrement les mouvements du poignet, mais aussi leur faire comprendre qu’avec la convention, ils peuvent être touchés et avoir le point…il est donc inutile d’essayer d’envoyer le fer le l’autre le plus loin possible.

Par deux, l’un frappe le fer une, deux ou trois fois, pas plus…l’autre répond au(x) battement(s) par un, deux ou trois battements selon les cas. J’insiste sur le fait de les faire « par séries », c'est-à-dire marquer une petite pose entre le ou les battements. Il n’y a pas de touches portées, c’est juste un exercice faisant travailler la main.

Voir vidéo 1 : exercices sur les battements

Coup droit ou contre-temps ?

On est regroupés, je fais venir un volontaire pour la démonstration. « Il va se mettre à distance de marche et fente, quand il va marcher, je ne vais pas l’attaquer, je vais juste le menacer. Comment vais-je faire ? ». « Tu vas allonger le bras et te fendre… » ; « non, ça, c’est attaquer ! ». «Tu vas juste allonger le bras ? » « oui, voilà ! Mais attention, il faut absolument que je le fasse pendant sa marche…si je le fais pendant qu’il est en train de se fendre, ce sera un contre-attaque, un arrêt, et je n’aurais pas le point. Mais si je le menace, simplement, c’est un peu comme si je l’attaquais alors il doit frapper mon fer pour avoir raison» On fait la démonstration, lorsqu’il marche, je tends le bras et il fait un contre-temps. « Mais si je ne tends pas le bras, est-ce qu’il est utile de taper mon fer ? » « Non… ». « Alors voila, par deux, l’un va se mettre à distance de marche et fente, il va marcher et son partenaire va choisir : soit il ne bouge pas, soit il allonge le bras. Dans le premier cas la réponse sera un coup droit et dans le second il faudra taper le fer avant d’attaquer. »

Je ne m’étends pas sur les questions de priorités de la ligne. A quel moment parer des contre-attaques ? C’est un peu trop compliqué. En début d’année, je m’étais dit que je ne parlerai pas de la ligne, du fait qu’elle donne la priorité. Cela pour une raison bien simple : les arbitres ne lui donnent que trop rarement raison en compétition, en tout cas d’après ce que je constate dans les petites catégories. Mais après réflexion, je crois que c’est se priver d’un bon exercice sur le plan moteur, notamment quand on la couple avec la parade riposte. Effectivement, selon la distance du partenaire, on doit utiliser les jambes ou non. C’est intéressant au niveau du traitement de l’information car il faut adapter sa réponse motrice en fonction de la mesure.

De plus, la ligne effectuée sur la marche justifie le fait que l’on pare. Cela ressemble beaucoup au batté coup droit sans en être un. Effectivement, je n’aime pas leur faire travailler cette action sur un partenaire immobile, bien sur ses appuis, car dans cette situation c’est leur donner une mauvaise habitude : celle de vouloir systématiquement écarter le fer avant d’attaquer, comme pour se rassurer. Les débutants pensent pratiquement tous qu’en mettant un bon coup sur le fer adverse, ils vont l’écarter et ainsi s’ouvrir le chemin de la touche. Certes, il est dit dans les manuels que le battement peut servir à cela, à retarder la parade adverse. Mais seuls les tireurs expérimentés y parviennent car ils le font la plupart du temps sur une marche adverse ou avec un bon changement de rythme. De plus, ils exécutent cette attaque le plus souvent avec un départ bras-jambe simultané et une accélération du bras, le battement se faisant pendant l’allongement du bras. De ce fait la pointe va toujours vers l’avant et il n’y a quasiment qu’un seul temps. En résumé, si son utilité parait logique et facile à comprendre, le batté coup droit, pour être réaliste, demande une habileté motrice bien trop complexe pour un débutant. Effectivement, ce dernier aura tendance à l’effectuer en deux temps : un premier pour battre, avec un mouvement large de la pointe s’écartant de la cible, et un second pour attaquer. Autant dire qu’il que le battement amènera sa pointe en dehors de la cible et il préviendra même l’adversaire d’une attaque imminente qu’il sera facile de parer.

Voir vidéo 2 et 3 : coup droit ou contre temps ?

Coup droit ou parade riposte ?

C’est une situation que l’on a déjà vue, mais cela ne fait pas de mal de la revoir. « Maintenant, je ne veux plus simplement menacer mon partenaire, mais l’attaquer…bien sûr il faudra le faire au moment ou il marche…donc prenez votre décision rapidement… ». Je fais la démonstration avec un élève, sur sa marche soit je ne bouge pas et il fait une attaque par coup droit, soit je l’attaque, il pare quarte et riposte. «Tout à l’heure, il devait se fendre après avoir frappé mon fer, maintenant il n’allonge que le bras et ses jambes ne bougent pas…pourquoi ? ». Les élèves arrivent à comprendre que cette fois-ci, je suis fendu, donc un simple allongement du bras suffit…alors qu’auparavant, je ne l’étais pas et en conséquence, un allongement du bras ne suffisait pas…

Voir vidéo 4 : coup droit ou parade riposte ?

Coup droit, contre-temps ou parade riposte de l’attaque ?

C’était le but de la séance : arriver à mélanger les trois. Nous n’avons pas eu le temps d’y arriver.

Maintenant, après réflexion, je crois que si je devais refaire cette séance, je supprimerais l’attaque par coup droit. Effectivement, j’ai introduit de l’incertitude tout de suite, dès le premier exercice. Du coup, les exercices ont duré plus longtemps. Peut-être une séance en trois parties aurait été plus pertinente : a) travail du contre temps sans incertitude – b) la parade riposte de l’attaque sur la marche sans incertitude – c) incertitude : contre temps ou parade riposte de l’attaque.

Toutefois, les élèves se sont bien débrouillés. Lors de ces exercices un peu complexes, je préfère mettre les plus jeunes ensembles (poussins 1er année). Je passe un peu plus de temps avec eux afin de mieux les conseiller et de les guider. Effectivement, ils sont moins habiles au niveau moteur et ont quelquefois tendance à se précipiter, mais si on arrive à les canaliser, ils peuvent faire aussi bien que les plus grands.

Les plus petits : voir vidéo 5 et 6 : coup droit ou parade riposte ?

Rédigé par Première année d'escrime

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