La séance d’aujourd’hui et de la semaine prochaine seront consacrées à la dénomination des actions d’escrime. Je pense que cela doit faire l’objet de séances particulières. Effectivement, beaucoup de jeunes tireurs, qui ont pourtant quelques années d’escrime, confondent encore certains termes. Qu’est-ce qu’une attaque composée ? Quelle différence entre une action offensive et contre-offensive ? Pourquoi classe-t-on le coup droit dans les attaques simples ? Savoir nommer les actions, c’est aussi être aussi capable de connaître leur utilité.
Le moment de l’année semble opportun pour faire deux séances sur ce thème. Ils connaissent :
- deux attaques simples
- les parades de sixte et quarte qui permettent de faire obstacle aux actions offensives
- la riposte
- l’attaque composée destinée à mettre en échec la défense adverse.
- ils ont les notions de base des règles de priorité : celui qui attaque en premier à raison, il faut parer et riposter, etc.
Ce sera l’occasion de renforcer ces connaissances et surtout arriver à faire en sorte qu’ils soient capables de nommer les gestes qu’ils font.
Les fondamentaux
Je commence, comme d’habitude, par une petite séquence de reprise d’appuis. Sautillements en position de garde, le but est d’essayer de bouger au minimum les parties du corps, de garder les genoux fléchis et de décoller à peine les pieds du sol. Au signal sonore, les élèves reprennent leurs appuis en s’immobilisant parfaitement en position de garde. Je le fais refaire en garde inverse.
Les vacances étant passées par là, je reprends quelques exercices de base, notamment celui de la marche décomposée : poser le talon au premier signal (demi-marche) et à ramener le pied arrière au deuxième signal pour terminer la marche avec reprise simultanée des appuis. Je le fais faire les bras le long du corps afin que l’équilibre se fasse avec le buste. On fait ensuite des marches complètes, j’insiste sur le fait de garder le même écart entre les pieds. On passe ensuite à un autre exercice : si je dis « bleu », les élèves marchent sans s’arrêter, si je dis « vert », ils rompent, si je dis « blanc », ils s’arrêtent. Il n’y a pas de fente, c’est uniquement centré sur la marche et la retraite. Je vais veiller à ce qu’ils ne se précipitent pas dans leurs déplacements, ce qui pourrait les pousser à se désunir et qu’ils restent équilibrés, les genoux fléchis.
Le fait de faire ces déplacements les bras non placés doit les pousser à chercher le bon équilibre en gardant le buste droit.
On fait quelques fentes, j’insiste sur la coordination, le bras s’allonge en premier, on imagine qu’il y a un fil invisible qui relie le poignet à la cheville : en s’allongeant, le bras va déclencher le départ du pied.
Nommer les actions d’escrime
On commence par un assaut, le pied arrière derrière la ligne, pour reprendre l’habitude de se fendre.
Classer les étiquettes
Je les fais assoir devant le mur sur lequel j’ai disposé les étiquettes comme on peut le voir sur la photo 1 (voir fin de page).
Collectivement, on les range dans les bonnes colonnes. Depuis septembre, on a déjà travaillé et nommé toutes ces actions (à part l’arrêt), on a dégagé des familles : attaques, défenses et contre-attaque et même deux sous-familles pour les actions offensives : simples ou composées (les attaques au fer n’ont pas été vues, donc elles n’apparaissent pas). Mais nous n’avons fait qu’en parler, c’est tout. Le fait de les voir organisées dans un tableau doit faire prendre conscience à l’élève des rôles qu’il peut tenir dans un assaut en tant que tireur : attaquant, défenseur, contre-attaquant.
Bilan : le classement des attaques simples et composées s’est fait sans trop de problème. On a mis en évidence que les attaques simples étaient faites en une seule fois. L’attaque composée signifie que l’on fait quelque chose avant, afin de mieux préparer l’attaque, c'est-à-dire une préparation qui est, ici, une feinte (un piège) destiné à faire parer l’autre. J’en profite pour dire que lorsqu’on marche pour se rapprocher de son adversaire afin de l’attaquer, on est aussi en train de préparer son offensive, donc la marche est une préparation.
La riposte cause problème. Je les interroge sur son utilité…Est-ce qu’elle sert à se défendre ? Est-ce qu’elle sert à aller toucher ? On voit que la riposte est plus certainement à ranger du côté des attaques que de la défense car elle permet de marquer des points. Je pose la question suivante : peut-il y avoir une riposte sans parade ? On arrive à la conclusion que les deux sont indissociables…que la riposte est l’attaque qui suit immédiatement la parade. On classe donc les deux étiquettes dans la famille des actions offensives, sans les ranger dans les sous-familles « attaques simples » ou «attaques composées ».
La contre-attaque va être l’objet d’un malentendu. Quelques élèves voulaient classer la parade dans cette catégorie. Effectivement, la parade va « contre-l’attaque », ce qui est assez logique. Il faut toujours penser que les représentations des débutants peuvent être parfois surprenantes mais, même si elles sont fausses, se fondent souvent sur quelque chose qui les induit en erreur. C’est donc l’occasion de rappeler qu’une contre-attaque consiste à allonger le bras lors de l’attaque adverse, sans écarter le fer. Bien sûr, elle n’est pas prioritaire, et ne rapporte un point que si elle touche toute seule. J’introduis un nouveau terme : l’arrêt, seul représentant de la famille « contre-attaque » que les débutants se doivent de connaître.
Les parades de sixte et de quarte se classent logiquement en défense. Cela permet de revoir les deux positions qu’ils doivent connaître et le fait que la parade ne sert pas à toucher mais à se protéger.
Voila, le classement est fait : voir photo 2 en fin de page.
Travailler par deux une de ces actions au choix
D’après le classement, je demande aux tireurs de constituer des binômes et de travailler, en coopération, une action au choix, offensive ou défensive. Il faudra que le reste du groupe puisse deviner de quelle action il s’agit.
Je les laisse travailler un dizaine de minutes puis nous faisons des démonstrations. Cela permet de revoir certains critères de réussite : lors de la parade, la pointe doit rester haute, la feinte doit être menaçante et se fait le bras allongé, etc.
Assaut à thème
Sur des pistes courtes, cela favorisant l’échange, je donne un thème différent aux deux tireurs. L’un doit réussir une attaque simple (coup droit ou dégagement) l’autre une parade riposte. S’ils réussissent, ils marquent 3 points. Toutes les autres actions sont possibles, mais elles valent 1 point. Ainsi, celui qui a une majoration de points pour la parade-riposte aura plutôt tendance à attendre et jouer la défense alors que son adversaire mettra d’avantage l’accent sur l’attaque.
Pour terminer je donne maintenant les trois points non plus aux attaques simples mais aux attaques composées.